mardi 24 mars 2009

Auchan a capitalisé sur le dynamisme de ses investissements

Le distributeur nordiste, contrôlé par les Mulliez, a maintenu son résultat d'exploitation et développé ses ventes. La forte hausse de ses dépenses d'investissement s'est conjuguée à une maîtrise de l'endettement.

Le groupe Auchan, propriété de l'Association Familiale Mulliez, a publié hier un chiffre d'affaires de 39,5 milliards d'euros, en hausse de 4,3 % à magasins comparables et taux de change constant en 2008 par rapport à l'année précédente, pour un résultat d'exploitation courant de 1,3 milliard d'euros (+ 1 %). « Nous sommes satisfait de cette progression », a commenté hier Xavier de Mezerac, le directeur financier, lors d'une conférence téléphonique. En revanche, le bénéfice net part du groupe, hors activités cédées au Maroc, s'est inscrit en baisse de 2,7 %, à 727 millions d'euros, du fait, précise le distributeur, de l'augmentation des frais financiers. L'endettement net s'est en effet accru de 36,5 %, à 2,8 milliards d'euros, lié en partie à la forte progression (+ 20,9 %) des investissements, à 2,13 milliards d'euros.

Auchan a notamment ajouté 60 hypermarchés à son portefeuille, dont 27 en Chine, 12 en Russie et les 2 premiers en Ukraine.

Les activités à l'international ont atteint pour la première fois 50 % du total, soit 21 % en Europe de l'Est et en Asie, avec une progression de 25,7 %, et 29 % en zone euro (hors France), à + 4,3 %. La croissance du groupe « s'appuie aussi sur de bonnes progressions à magasins comparables dans tous les pays, à l'exception de l'Espagne, de l'Italie et de Taiwan », précise un communiqué.

Le cap des 500 hypermarchés

Dans l'Hexagone, les ventes se sont établies à 19,6 milliards, en hausse de 3,1 %, dont 15,3 milliards (+ 2,7 %) dans les hypermarchés, un modèle de distribution que défendent les dirigeants d'Auchan (lire ci-dessous).

Les supermarchés, en passe de prendre dans leur totalité l'enseigne Simply Market, ont réalisé un chiffre d'affaires global de 6,9 milliards d'euros (+ 2,9 %), dont 3,3 milliards d'euros en France. Les deux autres branches du groupe, la filiale immobilière Immochan et la Banque Accord, ont vu leurs revenus progresser de respectivement 12,8 %, à 432 millions d'euros, et 15,7 %, à 325 millions.

Pour l'exercice en cours, les dépenses d'investissement (Capex) « seront sensiblement limitées et réduites par rapport à ce que nous envisagions il y a neuf mois, afin de maintenir un niveau d'endettement raisonnable », a indiqué Xavier de Mezerac. Auchan prévoit néanmoins d'ouvrir encore une soixantaine d'hypermarchés, dont une dizaine dans la zone euro, un ou deux en Ukraine, mais surtout en Russie et en Chine. Il devrait ainsi franchir le cap des 500 hypermarchés cette année. Le groupe a, en outre, porté sa participation de 29 % à 100 % au capital de sa filiale roumaine en mars, et travaille à son implantation à moyen terme au Vietnam.

Par ailleurs, le distributeur affirme avoir un programme de réduction de coûts qui n'aura pas d'impact sur le personnel. « Nous sommes en position de garantir le plein-emploi », s'est engagé pour sa part Philippe Baroukh, directeur général d'Auchan France, tout en laissant entendre que les CDD et la réduction des embauches feront office d'« amortisseurs ».

Antoine BOUDET
LES ECHOS - 24 mars 2009

Le distributeur ne renonce pas à son modèle de grands hypermarchés

Les six principaux groupes d'hypermarchés et supermarchés français ont sauvé leur année dans l'Hexagone, grâce à l'inflation des produits alimentaires. Auchan n'entend pas réduire ses plus grandes surfaces.

Dernier des six principaux groupes d'hypermarchés et supermarchés français à publier ses chiffres pour l'année 2008, le groupe Auchan a confirmé, hier, le constat dressé par la plupart de ses concurrents sur l'état du marché des grandes surfaces à dominante alimentaire dans l'Hexagone : une forte inflation des produits d'alimentation (+ 3 %) ; des ventes en baisse (- 1,4 % en volume) sur les produits de grande consommation ; une fréquentation quasi stable des clients dans les magasins ; enfin, une légère augmentation de la marge commerciale, du fait notamment du moindre poids des produits non alimentaires dans les ventes. Au final, les groupements d'indépendants ont su le mieux tirer leur épingle du jeu, grâce à une plus grande dynamique d'ouvertures de nouvelles surfaces de vente et à une part plus importante de leur activité dans les supermarchés essentiellement alimentaires.

Singularité

Dans ce contexte, Auchan est arrivé, pour partie au moins, à des conclusions identiques à celles de ses concurrents. Depuis le déploiement de nouvelles solutions technologiques - dans les lignes de caisse, par exemple -, jusqu'à l'élargissement de l'offre des produits à marques de distributeurs, ou encore la nécessité d'accélérer sur Internet.

Pour autant, il s'en distingue aussi, apportant des réponses qui le singularisent. A commencer par sa véritable profession de foi dans le grand hypermarché. Ici, le discours tranche radicalement avec celui de Carrefour. Fort de ses 47 magasins - tous en progression, sauf celui de Vélizy en travaux - figurant au classement des 100 premiers hypermarchés français du magazine « Linéaires », Auchan n'entend pas se priver de surfaces de vente. Au contraire. « Je suis demandeur de mètres carrés supplémentaires », affirme Philippe Baroukh, directeur général d'Auchan France, en insistant sur les succès d'offres renouvelées, dans les jeux vidéo par exemple, ou élargies, dans le bio ou les fruits et légumes. « Cela ne milite pas pour des réductions de surface », ajoute-t-il, sauf à tenter comme Carrefour de trouver des rentabilités supérieures en louant des mètres carrés.

Auchan, qui se revendique, en outre, « seule enseigne complètement multicanal » - en offrant la possibilité aux clients d'être livrés à domicile, via auchan.fr, auchandirect.fr et grosbill.fr, dans des points de retrait (auchandrive et chronodrive) ou d'aller en magasin -, travaille aussi à de nouveaux concepts, comme Auchan gourmand (avec un premier projet à Marseille) ou, à plus long terme, spécialisé dans la maison.

Antoine BOUDET
LES ECHOS - 24 mars 2009

vendredi 13 mars 2009

Le groupe prévoit de verser un dividende stable

Sur l'exercice 2008, Carrefour a vu son résultat opérationnel reculer de 16,8 %, à 2,77 milliards. Anticipant un « environnement difficile », le distributeur ne fait pas de prévisions pour l'année en cours.

« Je ne vais pas revenir longuement sur cette année 2008. » Appelé par Lars Olofsson à commenter les résultats de Carrefour pour l'exercice passé, Eric Reiss, le directeur financier du groupe, a d'emblée annoncé la couleur. Comme pour oublier au plus vite une année marquée par deux avertissements sur résultat. Au final, le numéro deux mondial de la distribution a annoncé hier un résultat net des activités poursuivies part du groupe de 1,25 milliard d'euros, en chute de 32,8 % sur un an, pour un chiffre d'affaires déjà publié de 86,96 milliards (hors taxes), en hausse de 5,9 %, et de 3,6 % en croissance organique et hors essence. Le résultat opérationnel (Ebit) s'est établi à 2,77 milliards, en baisse de 16,8 %, nettement en dessous des attentes des analystes, qui prévoyaient un recul de 3,2 %, à 3,27 milliards. Il a notamment été affecté par des dépréciations d'actifs pour 396 millions d'euros, essentiellement en Italie où, pour 10 hypermarchés du sud du pays il est prévu soit un plan de relance, soit des cessions ou fermetures.

La marge des activités courantes du groupe a baissé de 0,3 point en pourcentage du chiffre d'affaires, à 22,4 %, du fait notamment de la France, impactée par les investissements promotionnels, les coûts du programme de fidélité et des frais de transports, compensés en partie par l'accroissement du poids des marques du distributeur et l'évolution du mix dans le non-alimentaire. Eric Reiss a souligné que le 4e trimestre avait été marqué par un « net ralentissement » des ventes dans l'ensemble, et plus particulièrement en Espagne, en Europe de l'Est et en Asie. Dans l'Hexagone, les hypermarchés ont également vu leur activité ralentir « malgré une bonne résistance ». Le groupe prévoit de verser un dividende de 1,08 euro au titre de l'exercice écoulé, stable par rapport à 2007.

Pour l'exercice en cours, Eric Reiss anticipe « un environnement difficile » et s'est refusé à faire des prévisions. Il a indiqué que le distributeur a enregistré une hausse de son chiffre d'affaires en janvier et février à taux de changes constants hors essence par rapport à la même période un an plus tôt. Constatant que les tendances de consommation ne s'améliorent pas, le directeur financier a précisé qu'en France, principal marché de Carrefour avec 43,7 % du chiffre d'affaires, tous les formats « résistent bien ».

Antoine BOUDET
LES ECHOS - 13 mars 2009

Carrefour veut économiser 500 millions en 2009

Le numéro deux mondial de la distribution, dont le résultat net a chuté de 32,8 % l'an dernier, entend retrouver un leadership sous l'impulsion de son nouveau directeur général, Lars Olofsson. Il prévoit d'investir 600 millions d'euros dans les prix, mais il faudra attendre fin juin pour un plan stratégique.


Le constat est clair, le diagnostic sévère. Les remèdes seront-ils efficaces ? Lars Olofsson, le nouveau directeur général du groupe Carrefour n'a pas mâché ses mots, hier, pour décrire le distributeur malade, et désigné son membre le plus atteint, la France. A l'occasion de la présentation des résultats annuels (lire ci-dessous) et pour sa première intervention publique, le patron opérationnel du numéro deux mondial de la distribution - suédois mais résidant jusqu'ici en Suisse comme dirigeant de Nestlé - a donc voulu « mettre les pendules à l'heure » (lire ci-contre). Mais l'horloger s'est bien gardé d'être trop précis sur les réglages qu'il compte faire pour redonner à Carrefour son « quart d'heure d'avance ». Il s'est contenté de donner ses « premières orientations stratégiques », renvoyant au mois de juin pour un point d'étape.

A bien y regarder, elles ne dévient guère de celles de son prédécesseur José Luis Duran qui, en août dernier encore, parlait de « dynamique commerciale », de « déploiement accéléré de Carrefour Market », de « réduction des coûts » et d'ouvertures concentrées sur les « marchés de croissance ». Jusqu'au positionnement prix de Carrefour en France, sur lequel Lars Olofsson a repris la question d'un analyste : « Je n'ai jamais dit que nous allons être leader en prix mais être plus compétitifs », refusant d'une certaine manière, comme l'ancien patron du groupe, d'assumer le statut du premier distributeur français qu'il est par la part de marché.

Décisions

Mais les marchés n'attendaient pas tant un revirement stratégique que l'annonce de décisions et surtout l'assurance qu'elles seront menées à bien. Et sur ce terrain, le Suédois a été convaincant, le cours de l'action faisant un bond de 5,65 % hier à Paris, à 26,065 euros. Il a notamment annoncé un investissement de 600 millions d'euros dans les prix - sans préciser ce qui serait affecté au marché français -, une multiplication par plus de trois des réductions de coûts - avec un objectif de 500 millions sur l'exercice contre 150 millions réalisés en 2008 - et des investissements ramenés à « 2,5 milliards au maximum », libérés de façon progressive en fonction des résultats du groupe, contre 2,9 milliards l'an dernier. En France, tout en refusant de s'avancer sur l'impact pour l'emploi des mesures d'économies avant d'avoir identifié « tous les leviers pour devenir plus léger, agile, compétitif, réactif », pas plus qu'il n'a livré sa réflexion sur les 40 plus grands hypermarchés - affectés par la baisse des ventes dans le non-alimentaire -, Lars Olofsson a fait plusieurs annonces. L'accroissement de 40 % de l'offre de produits à « marque nationale Carrefour », le lancement d'une nouvelle gamme de produits premiers prix, l'achèvement de la transformation des supermarchés Champion en Carrefour Market pour « la fin octobre » ou encore la nécessaire dynamisation de la chaîne de maxidiscompte ED, dont il s'est dit « pas satisfait ». Le directeur général a affirmé, en outre, que le « statu quo n'est plus possible » en Italie et en Belgique, où le distributeur est à la peine depuis des années. Il a enfin annoncé l'ouverture de plus de 180 magasins cette année au Brésil et en Chine, une première création de magasin en Russie et « en toute fin d'année ou début 2010 » en Inde. Carrefour « a péché dans les dernières années par un manque de constance dans l'exécution de sa stratégie », a souligné Lars Olofsson hier. Il en demandera à tous les membres du comité exécutif du groupe, qu'il s'est attaché à présenter hier un à un.

Antoine BOUDET
LES ECHOS - 13 mars 2009

jeudi 26 février 2009

Fast Track, les 1ères supérettes 100 % RFID

Fast Track implante ses supérettes RFID dans des hôpitaux, des écoles, des entreprises ou encore des usines dans l'Etat du Michigan (US). Une alternative à la distribution automatique et à l'hyper-proximité. Visite et décryptage.

 
 

Et bien plus encore sur http://www.olivier-dauvers.a3w.fr/

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