Trois produits pour le prix d'un. C'est la nouvelle promo de Morrisons, quatrième enseigne alimentaire de Grande-Bretagne. Ce qui montre que le consommateur est en quête de promotion et que le distributeur se plie a ses désirs, observait Anne Bordier, chef de projet chez IGD, lors des 36èmes Journées Annuelles de l'Institut Français du Merchandising. Par ailleurs, l'offre prix à augmenté, et ce dans tous les formats, comme l'a démontré Elisabeth Exertier, dirigeante du Site Marketing : "En France, en valeur, l'offre prix a cru en 2008 de 7.5%. Dans le détail, elle a progressé de 7.2% dans les hypermarchés, de 8.4% dans les supermarchés et de 2.9% dans les circuits hard-discount."
Pression promotionnelle en hausse
Qui dit prix en hausse sous-entend promotion. Sur les neuf premiers mois de l'année, la pression promotionnelle a progressé de 7.2%, mais avec une croissance moindre par rapport à 2007 (+13% l'an passé selon une étude présentée à l'IFM par le site Marketing). "Carrefour est l'enseigne qui a fait l'évènement en promotion cette année en menant 23 opérations nationales de plus : elle s'affiche ainsi n°1 en part de voix", a souligné Olivier Dauvers, expert grande conso chez A3 Distrib. Pour autant le n°2 mondial de la distribution ne détient pas la meilleure image prix, loin de là, "à l'inverse d'un Leclerc qui reste constant, lui, d'une année sur l'autre", a-t-il noté. Le catalogue est sans doute un facteur clé du succès de ce dernier. "Car le prospectus véhicule l'offre commerciale, certes, mais reflète surtout la politique prix de l'enseigne".
Un surinvestissement ponctuel comme celui de Carrefour au troisième trimestre n'est donc pas forcément perçu comme positif par les consommateurs. "Il ne s'agit pas que d'investir. Il faut identifier les produits qui font l'image prix", a fait valoir Olivier Dauvers. "Nous essayons d'être les meilleurs sur la zone marché notamment les fruits et légumes, à confirmé Gérard Lavinay, directeur executif supermarchés France du groupe Carrefour, car ce sont des produits trés régionaux, sur lesquels le distributeur a la capacité de faire des écarts.
Sur les prospectus doivent aussi figurer les produits qui créent la différence.
Exemple : l'an passé, Vêt Affaires a fait une promotion sur des baskets Converse à 29,90€. Cette promotion a été un succès pour l'enseigne." Donc la promo fonctionne. Encore faut-il qu'elle évolue.
En guise de conclusion, Olivier Dauvers a imaginé les contours de sa future déclinaison. "A moyen terme, un distributeur offrira des téléphones mobile a ses clients car ils seront des supports financiers (avec la puce), des supports pour faire des courses (via le self-scanning) et enfin des supports clients (grâce à l'écran). Et pour renforcer l'attractivité de ses offres, l'enseigne pourra même délivrer des minutes gratuites de communication a ses clients !"

Article de Christelle Magaud
POINTS DE VENTE - 15 décembre 2008 - n°1038